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Guide · Conformité
Une adresse publiée sur internet n’est pas une donnée sans règles. Une prospection B2B en France suppose de qualifier le destinataire, relier le message à son activité, documenter la source et rendre l’opposition effective. Ce guide propose une méthode de contrôle, pas un avis juridique.
Mis à jour le 26 août 2026 · lecture 6 min
Une boîte fonctionnelle d’une société, comme contact@entreprise.fr, une adresse professionnelle nominative et l’adresse privée d’un particulier ne décrivent pas la même situation. Une adresse nominative rattachée à une personne physique reste une donnée personnelle, même lorsqu’elle apparaît sur un domaine professionnel. Un entrepreneur individuel peut également être directement identifiable derrière une boîte présentée comme commerciale.
Avant toute campagne, notez le type d’adresse, la qualité supposée du destinataire, son pays et le lien entre sa fonction et l’offre. Si le destinataire réel est incertain, évitez de transposer automatiquement les repères de la prospection B2B. Les règles applicables peuvent différer pour les particuliers, certains secteurs et les campagnes internationales.
Le responsable de la campagne doit identifier une base légale pour les traitements de données personnelles qu’il réalise. La CNIL indique que, dans certaines situations de prospection électronique auprès de professionnels, l’intérêt légitime peut être mobilisé lorsque le message est en rapport avec l’activité et que l’information et l’opposition sont assurées. Ce repère ne dispense pas d’analyser la source, les attentes raisonnables, l’impact pour la personne et les circonstances propres au fichier.
Conservez une note courte avec la finalité, les catégories de destinataires, les critères de sélection, les données utilisées, la durée prévue et les garanties. Pour une campagne sensible, inhabituelle, internationale ou à grande échelle, faites vérifier cette analyse par un professionnel qualifié avant l’envoi.
Une donnée visible en ligne n’est pas automatiquement réutilisable pour toute finalité. La CNIL demande d’examiner l’origine, les conditions d’accès, le contexte de publication, les attentes raisonnables des personnes et les éventuelles restrictions. Une page officielle d’entreprise n’a pas le même contexte qu’un annuaire destiné à un autre usage ou qu’un espace nécessitant une connexion.
Enregistrez l’URL précise et la date de relevé. Écartez les sources privées, les contournements techniques, les contenus manifestement personnels et les informations dont la réutilisation envisagée contredit clairement le contexte de publication. Respectez aussi les statuts de diffusion et restrictions attachés aux référentiels publics utilisés.
Lorsque les données personnelles n’ont pas été obtenues directement auprès de la personne, l’article 14 du RGPD prévoit notamment d’indiquer l’identité du responsable, les finalités, la base légale, les catégories de données, les destinataires, la durée de conservation, les droits et la source, y compris son caractère public. Sous réserve des exceptions prévues par le texte, l’information intervient dans un délai raisonnable et, si les données servent à communiquer, au plus tard lors de la première communication.
Préparez une notice stable, accessible sans compte, puis résumez dans le message les éléments qui permettent de comprendre immédiatement l’émetteur, la raison du contact, la provenance des coordonnées et la façon de s’opposer. Un lien vers une politique longue ne doit pas rendre invisibles l’identité ou le droit d’opposition.
L’article L. 34-5 du Code des postes et des communications électroniques interdit notamment de dissimuler l’identité de la personne pour le compte de laquelle le message est envoyé, d’utiliser un objet sans rapport avec l’offre et d’omettre des coordonnées valables permettant de demander l’arrêt des communications. En pratique, le nom commercial, la personne ou l’équipe émettrice et une adresse de réponse surveillée doivent être évidents.
La sobriété aide à démontrer la pertinence : un contexte professionnel vérifiable, une proposition précise, une question simple et une signature complète. Évitez les faux prétextes de réponse, les objets trompeurs, l’urgence artificielle et la personnalisation tirée de données sans utilité pour l’offre.
Le droit d’opposition à la prospection doit pouvoir être exercé à tout moment, sans justification. Un lien fonctionnel ou une réponse naturelle telle que « ne me contactez plus » doit arrêter les messages concernés. N’imposez ni création de compte, ni formulaire complexe, ni motif obligatoire pour sortir de la campagne.
Centralisez les oppositions dans une liste repoussoir consultée avant chaque envoi et synchronisée avec les outils de séquence, CRM, imports et prestataires. La liste ne doit servir qu’à empêcher une nouvelle sollicitation et ne conserver que les éléments nécessaires à cette finalité. La CNIL recommande actuellement une conservation d’au moins trois ans pour prendre l’opposition en compte dans la durée.
Checklist opérationnelle
Questions fréquentes
Le cadre dépend du destinataire, du type d’adresse, de la source, du territoire et du message. La CNIL indique que l’intérêt légitime peut être mobilisé dans certaines sollicitations électroniques adressées à des professionnels et liées à leur activité, avec information et opposition. Faites revoir les situations atypiques.
Non. Il faut examiner le contexte de publication, la nature de l’adresse, les attentes raisonnables, la pertinence de l’offre, les restrictions éventuelles et les garanties offertes. Une donnée accessible n’est pas une autorisation générale.
Il constitue un moyen utile s’il fonctionne réellement, mais l’équipe doit aussi traiter les demandes exprimées par réponse ou autre canal et propager l’opposition dans tous ses outils. Le message doit par ailleurs identifier l’émetteur et respecter les autres exigences applicables.